1 juillet 2015

Apocalypse Bébé, Virginie Despentes

                J’ai attendu un peu pour faire ma chronique sur Apocalypse Bébé de Virginie Despentes, que j’ai fini il y a bientôt trois semaines. Je voulais absolument prendre le temps de digérer ma lecture, afin d’en tirer le plus que je pouvais.
Depuis, le temps que l’on me parlait de Vernon Subutex, en tombant sur un poche de Virginie Despentes, je me suis dit que j’allais me confronter à cette écriture que l’on qualifie de social, parfois même de « trash ». Personnellement, je cherche toujours le trash…



L’intrigue tourne autour de la fugue d’une jeune adolescente, issue d’un milieu social supérieur. Nous suivons la détective en charge de la recherche de cette jeune fille. Finalement, on passe beaucoup plus de temps avec les détectives, qu’avec la fugueuse et le roman se focalise un peu trop sur leurs vies.

Finalement, j’ai été assez déçue.  J’ai aimé retrouvé un style à la Beigbeder, un regard cynique, acerbe et aigu sur la société. Mais contrairement à Beigbeder, ou encore, pour prendre une référence étrangère, à Bukowski, Virginie Despentes laisse les choses en suspens. Le trash dont je parlais tout à l’heure est complètement absent et aurait donné un peu de énergie, même négative, à ce roman. Dans ce roman, qui s’apparente à un roman policier, la recherche, dont on ne sent pas vraiment le dynamisme, traîne en longueur. Je pense que j’ai raté l’essence de ce roman, l’intérêt de cette (en)quête.

Mais, attention, tout n’est pas à jeter, loin de là. Comme je l’ai déjà signalé, le regard critique sur la société, un regard aigu qui perce les consciences apparaît comme le soutien de ce roman. Certaines pages sur la religion m’ont vraiment fait plaisir et même rire par leur véracité. Et enfin, le dénouement est absolument époustouflant. Le retournement de situation est une véritable surprise et c’est pour moi ce qui sauve tout le roman, mais ne vous inquiétez pas, pas de spoil ! Les derniers chapitres suffisent au roman dans sa force, et la trajectoire existentielle à vif, d’une ado abîmée par la société et la famille.

Malgré la déception on peut donc retenir tout de même quelques belles pages.

Apocalypse bébé, Virginie Despentes, Le Livre de poche

Février 2012, 7,10€

1 commentaire:

Marianne De fil en critique a dit…

Bilan contrasté :/ . Belle critique en tout cas !