31 août 2015

La trilogie indienne de Mikael Bergstrand

Au chaos quotidien répondent certains livres. Les romans de Mikael Bergstrand sont de ceux-là.

                Véritables médicaments contre le stress, la déprime, le bruit assourdissant (de l’Occident), Les Plus Belles Mains de Delhi et Dans la Brume du Darjeeling se suivent mais peuvent se lire indépendamment.



                Le personnage principal, Göran Borg s’approche dangereusement du pathétique sans jamais dépasser la limite du supportable : l’Inde sera salvatrice. Suédois en pleine crise de la cinquantaine, divorcée, partageant une relation compliquée avec ses enfants, et accablé par un licenciement, Göran accepte  de suivre son meilleur ami dans l’un de ses voyages organisés : direction l’Inde !

L’humour, l’ironie, l’œil aiguisé et la critique acerbe dont fait preuve Göran produisent un tableau décomplexé de l’Inde, haute en couleur. Ce regard très européanisé s’adoucit petit à petit au fil de la découverte culturelle et, passé le glacis superficiel de ce pays, l’Inde et son peuple nous apparaissent dans toute leur complexité, avec ce goût d’épice à la fois suave et rocambolesque. Ce changement de regard n’est pas étranger à la rencontre d’une belle indienne, Preeti Malhotra, femme marié à un riche exploitant du textile. Entre romance et reportage sur le travail des enfants en Inde, la course folle de Göran dans le pays le « plus beau du monde » pour reprendre les mots de Yogi, indien atypique devenu l’ami de notre suédois, emporte le lecteur dans un tourbillon haletant.
                

Dans le second roman, Göran, retourné en Suède, ne peut se détourner de l’Inde. L’appel est toujours plus pressant. Yogi, son meilleur ami indien, rencontré durant son dernier séjour, doit se marier. Göran prend ce prétexte afin de fuir ses responsabilités suédoises. Le mariage de Yogi se voit repoussé par la complexité du système social indien et par des mésaventures qui entraîneront Yogi et Göran au fin fond du Darjeeling dans une plantation de thé.


                Ces romans resteront gravés dans ma mémoire pour leur bienfait, leur dépaysement et la philosophie très optimiste qui s’en dégage. Yogi est un personnage atypique, que rien, enfin presque rien, ne peut décourager, son optimisme est à toute épreuve et l’auteur a su communiquer à son lecteur cet élan. Cet optimisme est toujours tourné vers l’altérité, vers autrui et vers le monde. La foisonnante diversité de couleurs, d’odeurs, de bruits, de personnages fait surgir des images de joie et de gaieté. Par les mots, l’auteur nous apporte sur un plateau l’Inde entière. Car malgré son optimisme, il n’oublie pas de mentionner les défauts de l’Inde, notamment le fossé qui sépare les différentes classes sociales.


                Ce que l’on peut retenir également, c’est la merveilleuse histoire d’amitié qui se développe dans ces deux romans. Car au-delà des aventures vécus par le héros, nous assistons à la création et à l’approfondissement de l’amitié entre Göran et Yogi, rencontre de deux cultures et de deux personnalités tellement différentes. En surmontant les barrières de l’étrangeté de l’étranger, nous faisons de magnifiques rencontres. 


Les Plus Belles Mains de Delhi, Mars 2014, 23
Dans la Brume du Darjeeling, Mai 2015, 24
Mikael Bergstrand
Editions Gaïa


Lu dans le cadre du challenge A la Découverte de l'Inde 

2 commentaires:

Marianne De fil en critique a dit…

Sympa ces découvertes indiennes ! Un livre à lire pour se croire encore en vacances :-)

Julie Raulet a dit…

C'est tout à fait ça !